Une vague noyée au centre de la Méditerranée

 

UNE VAGUE NOYÉE AU CENTRE DE LA MÉDITERRANÉE

Guillaume Toutain

 

 

LA SCULPTURE D’UNE VAGUE NOYÉE AU CENTRE DE LA MÉDITERRANÉE

 

L’enfouissement:

Je travaille à la réalisation de la sculpture d’une vague, échelle 1, depuis plusieurs années.

Des centaines de dessins, de photos, des collaborations avec des chercheurs, pour réaliser

au plus près cette pièce.

Le déni de l’objet ramène à l’objet; alors comment construire une nouvelle représentation artistique

de ce qui continue pour nous à faire objet: la Méditerranée.

La notion d’unité de la Méditerranée n’est pas connue pour légitimer une stratégie territoriale,

à l’inverse le projet politique n’est pas issu du discours savant. Le seul examen des chronologies

suffit à infirmer ces hypothèses simples. Les chercheurs mettent plutôt en évidence

« la Dynamique d’une construction réciproque où chacun d’eux sont tour à tour

appui et révélateur de l’autre » (cf. Barget).

Il faudrait se défaire de l’hydre braudélienne, la Méditerranée est un mythe (cf. Kayser),

mais il ne s’agit pas d’une fiction car des peuples entiers y meurent, s’y noient par dizaines de milliers.

Alors pourquoi vouloir poser la sculpture d’une vague noyée dans la mer au centre de la Méditerranée?

 

Chercher ses centres, c’est interroger plusieurs axes : politique et géographique, physique, artistique

sur la réalité augmentée :

Poser un centre ce n’est pas se mettre à table, quels que soient les termes de négociation ou d’autres,

c’est mettre le couvert.

Poser la question du centre de la Méditerranée, c’est fouiller la question politique de l’Europe,

de son élargissement, de l’Union Méditerranéenne, du développement de l’Afrique, de notre rapport

avec l’orient, de l’islam et de la chrétienté.

C’est parler du pourtour de la Méditerranée, synonyme de conflits ; c’est écouter, entendre une mer

porteuse de migrations mortelles.

 

Rechercher le centre géographique et le barycentre (centre volumique) c’est calculer, enquêter les cartes

sur les frontières de la Méditerranée, Gibraltar, Marmara.

 

« Elle est belle la mer. Elle lie les villes par un réseau de relation d’amour et de guerre et d’amour.

Bleue bien sûr car tout est bleu. »

(Richard Bacquier)